TRUMP et l’IA.

26/07/2025

Il faut reconnaitre au gouvernement américain une transparence peu commune sur ses intentions profondes notamment en matière de développement de l'Intelligence artificielle. Pour TRUMP, libérer son essor des contraintes tout en lui allouant des ressources importantes n'est pas un objectif altruiste pour bisounours de centres de recherches (Le Monde, 25/07/2025). Seuls les naïfs penseront qu'il est le premier président à avoir de telles arrières pensées à propos des technologies nouvelles, au moins il a le courage ou l'effronterie de les exposer publiquement. Il est vrai que chaque jour il teste ses partenaires/adversaires et vu leurs réactions (ou leur absence de réactions sérieuses), il suppose qu'il peut chaque jour aller plus loin.

Selon le Monde précité « le plan d'action publié par la Maison blanche reflète cet enthousiasme : « Les EU sont engagés dans une course pour dominer l'IA à l'échelle mondiale. Celui qui disposera du plus vaste écosystème d'IA fixera les normes mondiales en la matière et en retirera d'importants avantages économiques et militaires ».

La mise en œuvre de ces objectifs ne s'encombrera pas de considérations jugées inutiles comme le précise cet extrait du même quotidien : « Long de 23 pages, le plan met l'accent sur l'accélération de l'adoption de l'IA à grande échelle via la construction d'infrastructures massives, le rejet des réglementations environnementales et des obstacles bureaucratiques, et la volonté d'imposer un « écosystème américain de l'IA à l'échelle mondiale ». .

En clair, cela permettra aux EU d'accroitre leur main mise sur le monde pour autant que les développements de l'IA reçoivent les moyens financiers et humains nécessaires et qu'elle soit débarrassée de ses biais intellectuels imposés hier par l'intelligentsia californienne notamment le wokisme, bête noire de TRUMP et de ses amis (aux EU et ailleurs).

L'Europe empêtrée dans ses nationalismes du XIXè siècle et ses remords du XXè, mène quelques combats d'arrière garde portant non sur le développement d'une IA européenne dont elle aurait tant soit peu l'usage et la maitrise, mais sur quelques barrières dites éthiques qui, comme toujours dans l'histoire des technologies, seront vite balayées. A cet égard, le philosophe français Luc FERRY, ancien ministre de l'EN, est d'une lucidité rare (pour un universitaire hexagonal) dans son dernier bouquin (« IA , grand remplacement ou complémentarité » de Janvier 2025). N'hésitez pas à lire ce livre (avant qu'il ne soit dépassé…). Et pendant ce temps là, nos politiciens se préoccupent du maintien de quelques distributeurs de billets ou de mini bureaux de poste, d'administration ou bancaires dans les quartiers plutôt que de faciliter l'apprentissage des technologies nouvelles à celles et ceux qui n'ont pas eu l'occasion de les approcher dès leur naissance. La nouvelle législation européenne entrant en vigueur ce 02/08/2025 renforce nos craintes d'une Europe obsédée par la nécessité de contrôler au maximum (sur papier du moins) les nouvelles technologies au risque de brider l'innovation , faute de s'y atteler elle-même.  

Certes, l'importance sociale des potentialités de l'IA n'est pas à négliger. Il est à craindre qu'une fois de plus nos sociétés vieillissantes attendront de voir venir. Ce fut le cas avec la bureautique où la disparition de la machine à écrire a réduit considérablement le personnel de bureau (dactylos, secrétaires,…). En 1985, ma secrétaire (de 62 ans) m'annonça son souhait de voir s'informatiser mon secrétariat. Tâche accomplie, elle prit sa retraite 3 ans plus tard et ensuite j'ai encore eu une secrétaire de plus en intégrée dans la bureautique voire internet. Au début de ce millénaire, j'en suis venu à assurer moi-même mon propre secrétariat sans accroître notablement mon temps de travail. Combien de cabinets médicaux, combien de bureaux d'avocats,… n'ont-ils pas connu le même processus disposant aujourd'hui d'une seule secrétaire hyper polyvalente assurant quelques tâches administratives, la permanence téléphonique, la gestion des agendas des confrères associés et leurs rendez-vous (encore que souvent externalisée), l'accueil des « clients »,… Le personnel de bureau resté en poste a souvent dû faire une effort considérable d'adaptation surtout pour les plus âgés. C'est dans ce domaine que l'Etat social a un rôle à jouer et encore plus demain (pas après demain) avec l'IA.

Que font nos enseignements pour faciliter l'adaptation de leurs élèves à ces perspectives de développement exponentiel des possibilités de l'IA. Il ne s'agit pas de prévenir à longueur de journée contre les dérives et dangers des technologies nouvelles mais de leur permettre d'en tirer le maximum de profit (matériel, intellectuel et en temps gagné). La digitalisation des écoles aux Etats Unis est d'ailleurs un autre facteur de différence avec l'Europe permettant une meilleure adaptation à l'IA dont l'accès y est permis par le biais des iPad et Chromebook dès l'école primaire.

L'IA c'est donc un vaste chantier économique, financier et scientifique lié à une réflexion sur le devenir des sociétés humaines (développées) et de la valeur travail. Jouer à l'autruche, est une politique qui n'a qu'un temps, ensuite le réveil est souvent d'une dureté implacable.

Sur ce sujet, voir la réaction de Quentin REUL (Director of Global AI Strategy and Solutions, Information Services at expert.ai) sur  https://rugarama2.webnode.fr/l/ia-reaction-de-quentin-reul/
 
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