Report du traité dit Mercosur

19/12/2025
Ce 18 décembre 2025, à Bruxelles, la Commission européenne a officialisé le report de la signature du traité Mercosur. Longtemps présenté comme un aboutissement, cet accord de libre-échange cristallise désormais tensions agricoles, arbitrages politiques et fractures européennes, au point de forcer l'Union européenne à ralentir.

Finalement il n'y a pas que TRUMP qui sabote les relations commerciales mondiales. Pourtant l'UE en a un besoin urgent pour contrer les menaces américaines, chinoises ou autres qui soit se ferment à nos exportations, soit nous inondent de leurs produits (la Chine c'est autre chose que l'Argentine ou le Paraguay comme concurrence déloyale et cela concerne toute notre économie). Sans accord avec d'autres contrées du monde, nous risquons, comme nous l'écrivions en février 2024, de perdre sur tous les tableaux.

Certes, tout projet peut-être amélioré et la suspension de la signature du Traité du Mercosur pourrait être mise à profit pour corriger quelques aspects mais sur le principe même de tels accords, vitaux pour notre avenir commercial et industriel, il est nécessaire de ne pas trop tarder. D'autres « empires » pourraient prendre notre place sur ces marchés à chouchouter.

Il est évidemment toujours permis de rêver à un monde où chaque village produit en auto-suffisance et ne dépend pas du commerce avec ses voisins. C'était il y a bien longtemps. Était-ce mieux ? Certainement pas car la Belgique par exemple n'aurait pas pu être la seconde puissance économique européenne sous Léopold II avec seulement notre « petit » marché national. Aujourd'hui, notre seul marché intérieur est totalement insuffisant pour beaucoup de nos entreprises. Qui se souvient d'une époque durant laquelle, par exemple le Midi de la France ne consommait guère de pdt et devait se contenter de la farine de châtaigne, faute de transport avec les régions plus au Nord où le sol et le climat étaient plus propices à la culture des tubercules. Les échanges ont été à la base des civilisations développées, la mondialisation les a seulement intensifiés.

Enfin, si l'auto-suffisance européenne peut sembler, à certains, une option crédible, n'oublions pas que nous manquons cruellement de certaines matières premières ou denrées. Par quoi remplacer le café ou le thé (à moins de tabler sur un changement climatique encore plus intense que celui annoncé) ? Le pétrole (du moins encore pour quelques décennies) ? Les terres rares ? Certes, le lithium pourrait être extrait chez nous mais au prix de quels dommages environnementaux et sociaux (suscitant déjà des levées de bouclier) ? Comment financer ces achats si ce n'est en se procurant des devises résultant de nos propres ventes à l'extérieur. Pour cela, il faut se dégotter des marchés face à d'autres pays ou « Empires » qui tant par leurs structures décisionnelles que par leur puissance intégrée se révèlent souvent plus efficaces que nos institutions nationales ou européennes.

Pendant le même temps, les importations de capitaux dans l'UE ne semblent émouvoir personne : importer deux ou trois steaks de bœuf argentin semble plus important que de voir nos fleurons industriels voire scientifiques (entreprises pharmaceutiques de pointe) ou sportifs rachetés par des fonds de placements d'Outre-atlantique ou du Quatar. Comme si nous manquions de capitaux alors que l'épargne atteint des sommets mais compte tenu des contextes locaux elle se loge dans des placements frileux.



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