Les classes moyennes : tous pélés ou galeux

06/10/2023

Comment définir les classes moyennes en Europe ? Il y aurait autant de définitions que de pays occidentaux mais néanmoins une certaine réalité sociologique se retrouve dans l'ensemble de notre continent.

Qui doit supporter la charge de la solidarité « collective » ? Les riches évidemment par devoir moral envers les pauvres. Bien dit, mais en réalité c'est la classe moyenne qui paie, les autres soit recevant, soit s'échappant (ou n'étant en pratique que touchés marginalement). C'est vrai avec notre système d'impôt progressif.. Ceux qui paient 50% d'impôt (et charges sociales) n'ont que la moitie restante pour vivre, épargner,… Mais avec un revenu familial brut de moins de 5000€, il reste 2500€. Ce n'est pas la panacée et n'attendez guère d'aides ou de réductions, elles sont, à juste titre s'il n'y a pas de fraude, pour les moins nantis qui eux ne cotisent guère au bien commun. Le revenu disponible en question ne laisse finalement guère de latitude pour vivre une vie raisonnable. Par contre, pour les hauts revenus voire très hauts, mêmes à 75% d'imposition, le revenu finalement disponible (même sans recourir à diverses techniques fiscales permettant de minimiser l'impôt) permet encore de faire des folies.

Si les impôts et autres charges sociales (finançant la solidarité « nationale », le fonctionnement de l'Etat tentaculaire et de ses différentes facettes et le système de prise en charge des aléas de la vie) sont essentiellement supportés (souvent de plus en plus mal) par la classe moyenne, qu'en est-il des nouvelles charges environnementales imposées çà et là pour lutter contre la pollution, le changement climatique, la montée des eaux (et le raréfaction de l'eau douce ),..

A écouter certains discours, la classe moyenne sera encore le pélé et le galeux qui paie et qui est néanmoins montré du doigt pour son inconduite.

Pour les défenseurs de la planète (qui s'en moque royalement) finis les voyages courts ( ?) en avion, les croisières et le tourisme de masse (surtout s'il est lointain) ; par contre il faut manger local jusqu'à plus oultre,…

Qui prend des vacances en calculant son budget ? Qui veut profiter des beautés de Venise, du Mont St Michel, ou de Bruges ? En simplifiant (peut être beaucoup) surtout la classe moyenne. Qui rencontre -t-on sur les ponts de Costa, MSC, NCL CARNIVAL, …. Qui fait la file devant le Palais des Doges ? Les mêmes classes moyennes, sachant que les plus riches ne font pas la file et que les moins nantis soit ne peuvent se le permettre, soit n'y portent (pour diverses raisons culturelles, éducationnelles,…) pas le même intérêt. Certes, il y a toujours des exceptions mais incontestablement le gros des reproches comportementaux relatifs à l'environnement porte sur des pratiques de la classes moyenne.

Idem pour la consommation. Vais-je manger à tous les diners de la semaine des choux pour me contenter des produits locaux et de saison ? Certes, les choux de Bruxelles, le choux fleur voire un choux rouge ou vert peuvent agrémenter de temps en temps notre table, mais tous les jours de l'hiver ? Refuser de profiter des « bienfaits » de l'Europe agricole et de son marché commun de produits alimentaires est à la fois une régression historique mais aussi un comportement non neutre pour notre santé voire la croissance des plus jeunes. Par ailleurs, pour tenter (malgré les ukases des grands prêtres ou prêtresses de la secte climatique) de diversifier nos assiettes tout en favorisant les produits locaux (qui peuvent parfois être inadaptés au climat, à la pluviosité ce qui entraine des hausse de couts de production sans parler de l'impact négatif environnemental pourtant honni ) n'est pas toujours sans effet sur le porte monnaie des CM. Il est vrai que dans de nombreuses régions du monde les assiettes sont parfois vides et souvent moins diversifiées. Longtemps, les Occidentaux ont pensé accroitre leur « niveau de vie » tout en favorisant parallèlement l'élévation de celui des autres contrées du monde.

Parmi les mesures visant à réduire la pollution, l'abandon de la voiture ou du chauffage utilisant des énergies dites fossiles. La voiture électrique, nouvelle lubie collective ou mesure raisonnable ? Qu'importe, il parait que c'est décidé (avec des retours de bâton comme récemment en Allemagne qui est pourtant la première économie européenne). Qui aura à cœur d'avoir une voiture en « ordre » ? Qui voudra s'adapter au plus vite aux nouvelles normes de construction ? Celles et ceux qui renouvèlent normalement leur véhicule ou qui peuvent se permettre (souvent aux prix d'efforts peu reconnus) d'entamer la construction d'un nouveau nid correspondant aux normes officielles ? Les CM et les « riches » aussi. Certes, mais pour les seconds le surcout par exemple des normes d'isolation, de chauffage sera insignifiant alors que pour les premiers il grèvera leur niveau de vie durablement.

Au vu de ce qui précède, les CM seraient cette classe sociale qui subit les impositions sans pouvoir imposer ses choix de société. Pelés et galeux voilà leurs points communs ?

Dans mon esprit, il n'est aucune nuance péjorative dans les notions de « moins nantis » ou de « riches. ». Pour les seconds, je dirait tant mieux pour eux et pour les premiers, tentons de mieux canaliser notre action publique non pas pour qu'ils se perpétuent sans trop de dommages mais au contraire pour qu'ils sortent de cet état. La réalité ne devrait plus être une paupérisation, une précarisation des CM mais au contraire une élévation du plus grand nombre à ce niveau.

Tous cela est-il possible sans accroître encore les niveaux d'impôts et de prélèvements ? Cela doit être un impératif si non la société finira par ne plus reconnaitre la solidarité comme une valeur civique de base. Posons la question de l'efficacité des politiques sociales et de leurs instruments. Par exemple, comment peut-il y avoir tellement de personnes à la rue malgré les milliards d'aides sociales dépensés chaque année par les diverses collectivités publiques voire privées ?

Toutes mesures positives, altruistes décidées par les sociétés humaines trouvent ses limites et ses détournements. Les corriger est indispensable mais faut-il qu'elles soit également sous-tendues par des impératifs moraux collectifs permettant d'assurer la dignité humaine à tous mais en demandant à chacun des efforts. Ceux-ci sont également un élément essentiel de ladite dignité humaine.

© 2021 Philippe REUL Tous droits réservés.
Optimisé par Webnode
Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer