L'écriture inclusive
Ce que dit la décision du Conseil d'État français (Economie matin, Aurélie GIRAUD, 12/01/2026)
Le Conseil d'État, dans un arrêt du 31 décembre 2025, a rejeté le pourvoi d'une association opposée à l'usage de l'écriture inclusive sur deux plaques commémoratives installées à l'Hôtel de Ville de Paris. Cette association contestait la formulation « conseiller·e·s » et « président·e·s », estimant qu'elle contrevenait à la loi qui impose l'usage du français dans l'espace public.
Dans sa motivation, la haute juridiction administrative a considéré que l'écriture inclusive — bien que discutée — ne constitue pas l'usage d'une autre langue que le français. Elle a entouré sa décision d'une analyse juridique mesurée : l'usage du point médian ne fait pas, par lui seul, de cette écriture une langue étrangère ou une prise de position politique systématique.
Cette lecture pragmatique signifie que le français, même sous des formes nouvelles ou moins traditionnelles, continue d'être reconnu comme langue française, dans ses usages scripturaux.
Une réaction forte de l'Académie française
L'Académie française, institution fondée en 1635 chargée de veiller sur la langue française, a réagi officiellement le 9 janvier 2026 en publiant un communiqué. Elle y affirme que l'écriture « inclusive » introduit des **marqueurs orthographiques arbitraires — dits "points médians" — contraires à la lisibilité et à l'esprit de notre langue » et qu'elle porte une atteinte grave à la dimension patrimoniale de cette langue, qui doit être protégée.
Dans son communiqué, l'Académie rappelle que la langue française est un élément fondamental du patrimoine national, évoqué par la loi du 4 août 1994, et que toute modification de ses usages doit être examinée avec prudence. Elle dit avoir déjà eu l'occasion de souligner que l'écriture inclusive nuit, selon elle, à l'apprentissage et à l'usage du français tant au niveau national qu'international. Cette réaction n'est pas isolée : l'Académie s'oppose à l'écriture inclusive depuis plusieurs années, dénonçant ses effets sur la lisibilité et la clarté de la langue.
Personnellement, je ne trouve pas très élégants ces points médians et autres symboles visant à inclure par exemple tous les « genres ». Certes, prétendre que Homme avec un H majuscule signifie l'humanité dans ses différentes composantes est manifestement le reflet du passé. Mais pourquoi ne pas employer un terme plus neutre comme humain. D'une manière générale, l'Académie française pourrait faire preuve, une fois n'est pas coutume, de créativité. La prétention de certains de maintenir le genre d'origine de certain titre ou fonction m'irrite également. Pourquoi garder Madame le Maire pour celle qui exerce effectivement la fonction et pas Madame la Mairesse alors qu'il est entré quasiment dans le langage commun que d'utiliser les termes auteur et auteure. Les raisons légales, s'il y en a, ne sont jamais un obstacle, il suffit de changer la loi.
C'est aussi vrai dans l'usage de mots étrangers prononcé à la « locale ». La réactivité de nos frères québécois en la matière est un bel exemple : plutôt que cet affreux « Email » prononcé pour faire parisien, « imaille » ils ont forgé le courriel (courrier électronique).
