"Le souvenir de presque tout " ARDITI (2025)

03/06/2026

Lu en une soirée (*), c'est une sorte de biographie par touches, par souvenirs d'un esprit malicieux parfois plus sensible qu'il ne voudrait le faire paraitre. Refusant la nostalgie, il veut croire que les souvenirs sont des marches pied pour aller plus avant dans la vie.

Comme artiste, ARDITI nous donnerait l'impression d'être un de ceux qui durent attendre que de nombreux collègues de leur génération soient partis dans les nuages pour être enfin appréciés. C'est peut être qu'il fut souvent le critique le plus acerbe de son propre jeu de scène ou de sa voix, qu'il n'aime pas.

Tout n'est pas beau dans un parcours humain, l'essentiel est de pouvoir s'entre regarder en face sans trop rougir de honte ou de se mettre dans la peau d'un « autre ». C'est le propre des acteurs.

Souvent, il apprécie les saveurs, les pratiques de toujours les préférant à celles plus délétères des modes d'aujourd'hui, citant Paul VALERY pour qui « La nouveauté d'une chose n'est pas une qualité intrinsèque de cette chose ».

Est-ce sa filiation belge (son grand père paternel est bruxellois), mais il se rappelle avec plaisir, les Tintins de son enfance et autres BD mythiques. Ces dernières doivent rester un amusement. « Quand elle devient moralisatrice ou tout simplement sérieuse, [la BD] m'ennuie. » Comme l'écrivait le réalisateur américain Frank CAPRA, « Si vous avez un message à faire passer, adressez vous à la Poste ».

Son père, qui parfois l'appelait fiston (**), lui reprochait ces lectures pour lui futiles, lui conseillant les grands auteurs dont STENDHAL. Pierre ARDITY fera du Rouge et le Noir, un temps, son livre fétiche.

Puis les années passèrent et le voilà plus proche du terme du voyage. Pour écarter ces pensées morbides rien de tel que de courir les planches ou de se souvenir de la sagesse paternelle : « Tu verras un certain nombre de choses qui t'auront contrarié, ennuyé, énervé parfois, te paraitront attendrissante avec le recul ».

Quant à mon épouse, en refermant le livre, elle m'a confirmé qu'elle préférait nettement l'acteur à l'écrivain.

(*) Emprunté à la Médiathèque Clardeluno de Cazedarnes qui l'obtint d'un collègue de son réseau

(**) Il est vraiment de ma génération : mon père aussi m'appelait fiston et durant la fin de mes études voire au-delà Le Rouge et le Noir fut aussi un livre de chevet. Plus généralement, je partage sa gène devant ces pontes de vertus qui imposent leurs dogmes quitte à les renier lorsque d'autres ont les faveurs des donneurs de leçons ; craignant par-dessus tout de n'avoir pas pris, à temps, le bon vent. .



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