Le malaise agricole et les modifications alimentaires des consommateurs
Dans un articulet du 21 mai 2019, sous le titre « VEGAN ou CARNIVORE à chacun selon ses goûts et sa manière de voir », les changements de comportements de certains consommateurs étaient évoqués sur ce blog Moneuse du site RUGARAMA :
« Toutefois, une évolution vers moins de produits carnés dans les sociétés développées occidentales est prévisible. Elle pourrait entraîner, chez nous, un bouleversement économique et social considérable en tenant compte de l'impact de cette mutation tant pour l'agriculture que pour l'industrie agro-alimentaire. D'autres évolutions doivent également être prises en compte notamment le comportements vis-à-vis des boissons alcoolisées. »
Ajoutons y que le poids du comportement religieux avec le développement relatif de la pratique de l'islam qui change la consommation par exemple de viande porcine et celle de boissons alcoolisées.
L'ensemble de ces mutations atteint toute la filière agricole voire l'industrie agro-alimentaires : tant pour les éleveurs de bétail que pour les producteurs de nourriture pour ledit bétail ainsi que les viticulteurs, voire les brasseurs. Une réduction de la consommation entraîne soit une adaptation de l'offre soit une baisse des prix qui vient rogner les déjà faibles revenus d'une partie des agriculteurs. Les excès de grands distributeurs peuvent aggraver ces phénomènes mais ils ne sont pas la seule explication aux marchés agricoles déprimés.
Les moyennes de revenus (Cfr Le Monde, 26/01/2024) selon les types d'activités agricoles ne tiennent évidemment pas compte des disparités internes à chaque « métier » agricole. La dimension des fermes, le niveau d'investissement, les caractéristiques géographiques (nature des sols, ) et climatiques (sécheresse,…) sont autant d'éléments de disparités. Les aides ciblées sur la production profitent d'autant plus aux exploitants qu'ils atteignent un niveau de rentabilité élevé. Parfois, la politique agricole en vient à « surenrichir » les plus rentables et à ne pas réussir à permettre aux petits exploitants de sortir la tête de l'eau.
En 2019, nous concluions : « Manifestement, la question (de la modification de la consommation de produits alimentaires) n'est sur la place politique qu'à travers quelques invectives ou traits d'humour rageurs. C'est pourtant le rôle des « politiques » de prévoir et de mettre en place des mécanismes d'adaptation raisonnée ».
Répondre à ces mutations ne se réduit évidemment pas à faire de vagues promesses sur la simplification administrative (le monstre du Loch Ness des sociétés développées) ni à reporter une hausse des accises sur le mazout (gazole) routier agricole.
